18 mai 2005

Ouverture

   Papa est malade. Il est très malade. Il a une tumeur au cerveau, un glioblastome. Il a été opéré le 29 novembre dernier. Puis il y a eu la radio et la chimiothérapie. On pensait enfin être tranquille, tous les 5. Mais non! Ces trucs là ne s'arrètent pas comme ça. En rentrant de vacances, le 6 mars, il a fait une rechute. La tumeur a augmenté de volume. Et nous, on croyait être tranquille! Délires, perte de mobilité. Mais où est passé papa? Il n'est plus là, depuis longtemps. Il y a d'abord eu la dépression, l'etat maniaco-depressif, et maintenant la tumeur et les rechutes, la deuxième en ce moment.
   A Noël, Papa pleure, il se perd, nous le perdons. Maintenant, nous ne le trouvons plus. Il n'a plus le même regard, plus les mêmes mots, plus la même tendresse. Il a grossi, ne marche plus seul. Il est en clinique depuis un mois. Mais ça recommence, ça retombe. Papa devait rentrer à la maison, il ne rentrera pas cette semaine. Maintenant, les choses les plus simples sont un calvaire. Il a du mal à aller aux toilettes, il n'y va pas seul. Il ne parle plus vraiment, il est incohérent mais surtout il dort, beaucoup.
   Papa a 45 ans, en aura-t-il 46? C'est toute la question. On ne survit qu'un ou deux ans à ces tumeurs. Avec la maladie, il n'y a pas que la douleur, il y a les problèmes d'argent, d'assurances, de droit. Et puis quand on est trois enfants, il y a aussi les études à payer. Mais avant tout, à réussir. Ne pas lâcher, réussir les concours et les examens, continuer à travailler. J'ai réussi le concours de Sciences-po Lyon, je ne sais pas si tu t'en souviens. J'attends les résultats du permis qui s'est mal passé, et tu ne le sais pas. Tu ne t'ai pas souvenu de la date, et là, tu ne peux plus comprendre quand j'en parle.
   Mais je t'aime papa. Mais comment dire tout ça? Tu ne comprends pas, tu restes dans ton monde, tu manges et tu dors. Ici, on pense à toi, on vient te voir, on t'aime. Et même si le week end je ne suis pas là, je pense à toi. Mais j'ai besoin de partir, de voir mon amour. Et là, je suis heureuse, j'oublie la maldie, j'oublie les cours, je suis heureuse.
   La vie prend vraiment un drôle de sens en ce moment. Il faut que je la suive, mais où m'emmène-t-elle?

Posté par Polinechen à 17:42 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Ouverture

    Si il s'agit de la première page d'un livre alors ne tenez pas compt de ce qui suit...

    Courage, votre réussite à sc.po. n'est que des plus remarquable.Dans cette situation vous avez tout le mérite du monde. Meme si cela va vous sembler dérisoir, et je vous l'accorde ca l'est, je suis de tout coeur avec vous...Bon courage.

    Un étudiant à strasbourg

    Posté par incogito, 18 mai 2005 à 22:32 | | Répondre
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